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Histoire de Caveirac

Les Lavoirs

En 1847, on notait la présence d’un lavoir au quartier du Pont. Dés 1848, on projeta de construire un lavoir prés du four communal (chemin Neuf) et un autre au nord du château. En 1892 on décida la construction de nouveaux lavoirs. Les anciens étaient insuffisants et pour un, il y avait menace de ruines à cause de l’état des voûtes (entrée actuelle des grottes). Ces travaux coûtèrent cher et la municipalité emprunta la somme de 6000 francs.

Un nouveau lavoir fut construit sur une parcelle de 164 m² qui appartenait à Jacques Fontayne (section A numéro 1834)[1]. Il en coûtera, en 1895, la somme de 6781,04 francs. Mais les murs qui l’entourent ne laissaient pas passer la lumière.

En 1896, on l’éclairera par des tabatières. Nous sommes au grand lavoir de la rue de la pépinière qui sera détruit par les inondations d’octobre 1988.
La réfection des lavoirs du chemin Neuf et du Pont coûtera 1209,30 francs en 1896 (soit 184.36 euros). Le maçon qui fit les travaux se nommait Emile Courdesse.
Le lavoir du chemin Neuf, situé sous l’ancienne pharmacie Mellet, disparaît en 1967.
Celui du Pont est encore en place et a cessé de fonctionner vers 1960. C’est le seul vestige de l’époque des bugadières. Les machines à laver ont eu raison de son activité. Ce lavoir était composé de deux petits bassins qui recevaient l’eau propre dans lesquels on rinçait le linge. L’eau s’écoulait dans un grand bassin composé d’un plan incliné avec des petits rebords pour tenir le savon. Dans celui-ci, on lavait le linge sale avec le cube de savon de Marseille, le battoir en bois et la brosse en chiendent. Le linge propre était étendu sur des fils de fer tendus en bordure du Rhôny. Le lavoir, c’était le lieu des cancans du village. Parfois naissaient des disputes afin que chaque laveuse ait sa place.

M. Gérard TRAUCHESSEC

Écoute Ô Caveirac

Que ma lyre aujourd’hui s’adresse à mes amis
Qu’elle leur dise bien que, malgré les années
Les vieux restent sensibles aux doux airs du passé
Ces airs, que notre club pour vous a réunis
Nous les chantons tous, et qu’on y reconnaisse
L’âme d’une paisible et rustique jeunesse !
Ecoute ô Caveirac
Ces doux airs du passé, au doux rythme obsesseur
Dont chaque note est comme une petite soeur
Dans lesquels restent pris des sons de voix aimées
Ces airs, dont la lenteur est celle des fumées
Que le hameau natal exhale de ses toits
Ces airs dont la musique à l’air d’être en patois.
Ecoute ô Caveirac,
Ecoute, c’est le val, la vigne, le Rhony
C’est le cultivateur affûtant un outil
C’est le chemin de Nîmes et la font de Martin
C’est le bout de la vigne avec le Grand Bassin
C’est le coin de l’Irole, celui de l’Amourié
C’est le quartier des Jasses et les pins de Fourrier
Et c’est le Ramias, et c’est les Pastourelles
Où naissent chaque année des étoiles nouvelles
Et c’est le Fenouillet, le quartier de Perrières
Le coin de la Cascade, le lieu dit la Glacière
C’est le petit tombeau entouré de cyprès
Et c’est ton doux logis dont le seuil est sacré
C’est la douce tiédeur qui baigne ton village
Ecoute ô Caveirac : c’est toute laVaunage.

René Agussol

Les Tables de la Loi

Les tables de la loi ont été retrouvées dans le château au-dessus d’une cheminée située au deuxième étage de la tour nord-est. Elles étaient utilisées par la famille Boisson pour le culte privé. Les tables de la loi reprennent les « dix paroles » de dieu qui ont été reçues par Moïse après la libération de son peuple hors d’Egypte.

LA RESTAURATION
Les plaques sont au nombre de deux. Les dix commandements des plaques ont été peints et non gravés. Elles sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis un arrêté du 20 septembre 2012. Conservées en mairie dans des gangues de plâtre depuis environ dix années, elles ont fait l’objet d’une restauration importante. Une table étant brisée, il a été décidé de relier les deux parties sur une plaque pour la meilleure conservation et présentation de celle-ci. Des fissures et des lacunes ont été comblées aux mortiers de chaux puis les tables ont été nettoyées et leurs enduits refixés en surface. Leurs bords ont été repris au mortier et patine a été appliquée en finition. Enfin elles ont été fixées dans une vitrine conçue et réalisée spécialement

Histoire du Village

Le mardi premier novembre 1922 était inauguré le Monument aux Morts de la Grande Guerre.
La cérémonie a réuni 1500 personnes. Le cortége s’est formé à 13h30 sur la place du Château.


Il est composé des Orphelins de la guerre, des enfants des écoles, de la Lyre Vaunageole, des sociétés de Secours Mutuels hommes et dames, de la Mutuelle Scolaire, des Démobilisés, du Conseil Municipal, de Monsieur le pasteur et de Monsieur le curé. Les invités étaient composés du Député, du Sénateur et du Délégué du Préfet. La cérémonie se termine à 15h30 et on se retrouve en Mairie pour une réception.

Ensuite, chaque année, pour le 11 novembre, les monuments publics étaient pavoisés Le Maire allait, avec son conseil municipal, à l’école pour prendre les enfants. La cérémonie au Monument aux Morts commençait à 10 heures. Souvent cette journée se déroulait de la façon suivante : apéritif, concours de belote, concours de boules, cinéma, bal dans la salle des fêtes.

Les temps ont changé mais le souvenir reste. Caveirac a payé un lourd tribut dans cette guerre. Les noms de nos Morts sont gravés à jamais sur la pierre du monument. Nos jeunes gens ont tous reçu les plus hautes décorations (citation à l’ordre du Régiment, ordre du Corps d’Armée, Croix de guerre avec étoile, Croix de guerre avec palme).

Le 6 avril 1915, le soldat Octave Nouvel, né le 31 mai 1893 à Caveirac, livre le premier jour de combat de Flirey en Meurthe et Moselle. Sa vie s’arrêtera là. Il est tué d’une balle en plein front. Il appartenait au 163 èmeRégiment d’Infanterie. Les combats dans les tranchées sont d’une violence inouïe. Après quatre batailles, ce régiment perd 20 officiers et 1500 hommes.

Dans un tombeau protestant de Caveirac, une plaque en marbre porte le nom d’Octave Prosper Nouvel. De nombreuses familles ont connu un pareil malheur. Pour se souvenir, pour rendre hommage à cette abnégation qui a fait notre liberté, rendons nous à 10h30, au Monuments aux Morts pour le 11 novembre.

M. Gérard TRAUCHESSEC

Que reste-t-il du Château de Caveirac ?

De son aspect extérieur :

Aujourd’hui, il ne reste que trois tours. Sur le livre du docteur Elie Mazel, paru en 1903, il y a une photo du château.

La tour surplombant la cour des arènes actuelles est encore visible. Une délibération du conseil municipal datée du 27 juin 1915 mentionne que la foudre est tombée dans la nuit du 24 au 25 juin.

La toiture de la tour et celle du bâtiment qui la touche ont été enlevées.

Les financesde l’époque et pas plus les suivantes ne permirent de reconstruire cette tour.

Le porche était une pièce avec une cheminée [1] dont l’emplacement se devine encore  [2].

 

 De son aspect intérieur :

 

Après sa dévastation par la population de Caveirac en 1793, il fut démantelé en 1820.

Les appartements et dépendances furent vidés de leur mobilier. Le château fut vendu en plusieurs parties.

La famille Bouzanquet fit l’acquisition de la partie actuellement occupée par la mairie, la boulangerie,le cabinet médical, plus l’immeuble « Dayan » et les arènes.

La salle « Dayan » était une bergerie et les arènes servaient de parc à moutons. Par la suite, le bâtiment « Dayan » fut vendu à un électricien.

Sur le porche actuel, on peut encore lire les lettres LB et la date 1860. Ce sont les initiales de Louis Bouzanquet père. Son fils, Louis, est né au château en 1862. L’actuelle salle du balcon, avec vue sur la place, était la chambre de Louis et son épouse née Noémie Cabanon. [3]

La municipalité fit l’acquisition de logements en fonction des besoins [4].

Sur les biens communaux, le public peut encore admirer les plafonds à la française, les cheminées en marbre[5], la rampe d’escalier et le magnifique cabinet peint [6].

Concernant ce dernier, il eut une histoire originale. Il se nomme communément salle des peintures et cela le mérite. Sur son origine, on ne sait pas qui a décidé de sa création.

Des travaux de rénovation récents ont montré que ce lieu fut habité.

Il fallut enlever 12 couches de peinture superposées pour retrouver le décor original. A son époque, ce cabinet devait être attenant à une chambre (probablement celle d’une dame qui vivait dans ce château).

En fait, cette petite pièce sans chauffage devait servir de salon dès que les beaux jours arrivaient. Nous pouvons imaginer la dame se faisant coiffer ou essayant ses tenues.

Quand au décor, il est majestueux, mais les paysages dans les tableautins[7] ne représentent aucun lieu de Caveirac. Certaines peintures durent être inspirées de sites connus des occupants de l’époque. Un seul représente une image biblique. Il montre le prophète Elie et un char de feu se mouvant dans le ciel. La Bible raconte qu’Elie fut enlevé sur un char de feu et ne revint plus sur Terre [8].  Une autre peinture choque le visiteur. Elle est placée en dessus de la porte. Elle représente un soldat à cheval.  Celui-ci n’a pas les caractéristiques vestimentaires du XVIIe siècle. Elle pourrait dater du siècle suivant. Pourquoi est-il là, on ne sait pas. Mais lors des travaux de restauration, les ouvriers ont mis au jour un fragment de visage, datant lui, du XVIIe siècle. Un œil attentif peut le discerner au niveau du buste et sur la sangle de ce mystérieux cavalier.  Cela atteste que les artistes de l’époque avaient réalisé plusieurs œuvres et que peut-être au cours du temps et en fonction des goûts des occupants, le décor a changé.

Le plafond « à la française » est richement décoré. Deux médaillons contiennent une tête d’homme et une tête de femme. Les occupants de ces lieux ont peut-être voulu laisser une trace de leur visage.

Après la Révolution, cette petite pièce eut d’autres occupants. Dans les années 1940, c’était la chambre des enfants du facteur. Puis dans les années 1950, elle servit de chambre au fils du cantonnier. Elle servit même de salle pour des réunions mais sa petite taille et l’absence de chauffage la firent oublier. Ce fût son salut.

Des terres :

L’orangerie fut d’abord transformée en jardin maraichers[9], puis en arènes pour amuser la population [10].

Le  jardin d’hiver (actuel parc) fut la propriété du docteur Bessière. Le grand parc de 35 hectares fut morcelé. Les terres furent cultivées en arbres fruitiers, luzerne et vignes.

Comme cet ensemble était clôturé, on retrouve le nom de « clos » sur les actes cadastraux. J’ai retrouvé les actes d’acquisition de mes aïeuls. Le Clos a été acheté en partie en 1826 par Jean Massip (le trisaïeul de ma mère Yvette Trauchessec –Dupont) au noble chevalier de Soisson époux d’Angélique de Novy [11].

« En l’an 1827, le 10 novembre, partage des biens de Madame de Novys et de noble Joseph Augustin Casimir Raphélis de Soisson, chevalier ». Le prix fut fixé le 25 mai 1826 à 786 francs et 50 centimes. L’acte précise : « Gustave Ball propriétaire à Romans Drôme. Vidal propriétaire à Nîmes ceci agissant en leur qualité de procureur fondé de noble dame Angélique Louise Charlotte Novys de Caveirac et de noble Joseph Augustin Casimir Raphélis de Soisson marié tous deux le 9 messidor an 1799, domicile de la ville de Cavaillon ainsi qu’il résulte de leur procuration à la date du 31 mars 1826. Reçu Mer Martin notaire de Cavaillon laquelle est en excès à la suite du 8 mai 1826. Reçu sous notaire prenant l’entrer du terrain du parc contenance totale de 3 hectares 99 centiares 86 centimes d’ares.  Jean Massip père et Suzanne Bouzanquet sont propriétaires d’une part de 21 ares 90 centiares par la suite sont acquéreurs ainsi leur héritier d’autres superficies. »

 

[1] Cette cheminée aurait servi à la construction de la chaire du temple actuel.

[2] Voir chapitres sur l’évolution des voies et du compoix.

[3] Récit de Bouzanquet Guy, dont le père Lucien est né dans cette chambre en 1896.

4] Voir chapitres sur les écoles, le temple, la poste, la boulangerie, l’électricité.

[5] Il reste 3 cheminées construites en marbre rose provenant des carrières de Caunes dans l’Aude. Ces carrières ont fourni la décoration du Trianon, de Versailles et de la mosquée de Cordoue. Pour la cheminée noire (motifs en marbre noir) de la salle du balcon, il s’agit de la copie d’un bas relief réalisé en marbre par le célèbre sculpteur flamand François Duquesnoy, s’intitulant l’Amour sacré met à terre l’Amour profane. Celui ci est actuellement conservé à la galerie Spada à Rome et il date de 1629. George Rachel, extrait de mémoire, mai 2002 (co-auteur de « Rome à l’apogée de sa gloire » ; dessins du XVIIe et XVIIe, octobre 2006).  Si la cheminée s’est abîmée, c’est probablement à cause des vibrations provoquées par les véhicules lourds qui passent depuis plus de 50 ans sous le porche du château.

Les dalles qui pavaient le sol dataient du XIIe siècle. Dans le Languedoc, ces pavés s’appellent des bars. Il s’en trouve encore dans les vieilles maisons du village (ex.: mas Trauchessec Y.).

Cette salle eut plusieurs usages. Au milieu du XIXe siècle, elle servait de chambre.  Puis, lorsque le château devint communal, elle servit de salle du conseil.

[6] Parties classées aux monuments historiques : façades et toitures, jardin à l’ouest du château, escalier d’honneur avec sa rampe en fer forgé, escalier à balustre en pierre menant au second étage, salle des mariages avec sa cheminée, cabinet peint.

[7) La peinture murale est souvent reproduite à partir d’un original nettement plus petit. Pour transférer cet original, on procède par la technique du quadrillage (reproduction des grandes lignes du dessin à  l’échelle du mur en respectant les proportions).  Il faut tenir compte des effets de perspectives. Après avoir posé un crépi (l’arriccio) et l’enduit (intonacco), l’artiste travaille avant que cela sèche. Puis le dessin est tracé. Ce fut la grande spécialité de Michel-Ange à la chapelle Sixtine à Rome.

[8] La Bible, livre d’Ezéchiel, chapitre 1,8,10,43 et second livre des Rois, verset 11.

[9] Voir chapitre sur la boulangerie.

[10] Voir chapitre sur la tauromachie.

[11] Extrait d’un acte notarié : notaire Martin,Cavaillon, 10 novembre 1827.

 

 M. Gérard TRAUCHESSEC

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